L’heure avance
la nuit s’empare
de mes errances
de mes silences
me dorlote
me dévore
et son haleine caresse
mes humeurs ma carcasse
L’heure avance
quand les corps lourds
d’amour
s’offre à Éros vorace
qui s’acharne sans scrupule
sur les nuits sans présence
L’heure avance
et tu dormais
et l’aube peine à poindre
dans les effluves tièdes de la vacuité
la flèche du jour bientôt s’élance
surprend l’âtre assoupi
pour de longues heures de partages
loin des rétives heures de patience
et du vertige infini
Par la fenêtre je distingue à peine
l’amandier brusqué par la saison précoce
débuchant ses pistils Mais
l’heure avance
et tu dormais
© Makhlouf BOUGHAREB





